Mes anciens articles pour citizenjazz

Mes anciens articles pour citizenjazz
De 1998 à 2007, j'ai écrit des chroniques pour citizenjazz
Les voici réunies ici pour les années 2001 à 2008.
Une vingtaine de chroniques de concerts, d'albums et d'interviews. Avec une mention spéciale pour Monsieur Martial SOLAL, pianiste, compositeur, chef d'orchestre que j'ai eu l'honneur d'interviewer deux fois.
Bonne lecture sympathiques lecteurs, séduisantes lectrices.
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# Posté le dimanche 31 août 2008 10:16

Modifié le mardi 02 septembre 2008 13:37

Hommage aux images de Juan Carlos HERNANDEZ

Hommage aux images de Juan Carlos HERNANDEZ
Les photographies qui illustrent ce site sont l'oeuvre, sauf indication contraire, de l'excellent Genevois et citoyen du monde Juan Carlos HERNANDEZ.
Pour en savoir plus sur Juan, sa vie, son oeuvre, ouvrez grand vos yeux et votre coeur et faites un tour sur son site
http://www.jazzeyed.20mn.com

En illustration une photographie du Trio Open Loose (Mark Helias, Tom Raney, Tony Malaby) prise à Lausanne au Club Chorus par Juan.

# Posté le vendredi 22 août 2008 13:36

Modifié le vendredi 29 août 2008 14:53

Orchestre à Grande Vitesse Paris Jazz Big Band – Saint Malo

Festival Couleurs Jazz. Saint Malo. Parc de la Briantais. Samedi 16 août 2008. 21h
Paris Jazz Big Band
Direction : Nicolas Folmer (trompette), Pierre Bertrand (saxophone alto, flûte)
André Cecarelli, parrain de l'orchestre, était à la batterie.

Ca démarre avec la rythmique dans un swing relax. Lorsque l'orchestre sonne, on retrouve le son des années 1950. Ca pète, c'est en place et ça donne cet effet de Rolls Royce avec chauffeur du bon big band. Tony Russo fait un premier solo de trompette classique et efficace. L'odeur douce et entêtante de l'herbe mouillée monte sous le chapiteau. Dédé Cecarelli lance et relance l'orchestre avec tout le métier d'un vieux briscard. Le solo de saxophone ténor est lui aussi classique et efficace.L'orchestre repart avec de bonnes claques d'André Cecarelli à la batterie. C'était Tony's Blues de Nicolas Folmer.

Sur la « Biguine » de Pierre Bertrand, Dédé est aux balais et l'orchestre swingue grave. Ca balance doucement, ça ondule, bref c'est une biguine. Pas de doute, les gars sont en place. Solo de trompette avec l'orchestre qui fournit le tapis volant derrière. Puis vient un solo de clarinette impulsé par la section rythmique. Ca swingue avec grâce et légèreté. Comme le Christ, André Cecarelli multiplie les pains. Les siens sont aux sons . Et hop, la clarinette de Stéphane Chausse repart devant l'orchestre. Clarinette et trompette dialoguent soutenus par la rythmique.

« Tin Tin Deo » de Dizzy Gillespie réarrangé par Nicolas Folmer. Intro en solo de batterie sur les tambours. Normal pour de la salsa. L'orchestre reprend ; Cette version est proche de celle de l'United Nations Orchestra de Dizzy Gillespie dans les années 1980. Relax et puissant à la fois. Nicolas Folmer vient se présenter pour le solo de trompette. C'est solide, sérieux, mais il n'y a pas la flamboyance, le génie de Dizzy Gillespie. S'ensuit un solo de saxophone baryton de Frédéric Couderc avec la rythmique qui tourne au millimètre. Ca barrit bien. L'orchestre les rejoint. Nouveau solo de trompette. André Cecarelli joue avec la baguette dans la main droite et la main gauche sur le tambour . Tout l'orchestre repart et déménage.

Sur « Yona » de Nicolas Folmer, les soli sont de Denis Leloup au trombone et de Sylvain Beuf au saxophone ténor. André Cecarelli a repris les balais. La rythmique swingue avec légèreté. L'orchestre reprend. C'est doux, puissant comme une vague chaude. Denis Leloup a mis la grosse sourdine sur son trombone à coulisse. Il sonne velouté à souhait. S'ensuit un solo à la Lester Young de Sylvain Beuf : cool et swinguant . L'orchestre nous fait un bon massage sonore en douceur. Sur quelques signes de Pierre Bertrand tout finit smoothy.

« Forgica » de Pierre Bertrand est inspiré d'une berceuse juive et figure sur l'album « Mediterraneo » ; Pierre Bertrand commence seul au saxophone alto. Une longue plainte déchire la nuit malouine. L'orchestre reprend puis la clarinette vient à l'avant scène. Ca sonne Juif en effet. Comme l'écrivait un journal collaborateur français sous l'Occupation : « Si le Blues est nègre, le Swing est juif ». La clarinette s'envole comme un petit oiseau soutenue par la rythmique. Puis joue seule, libre. Pierre Bertrand de ses mains lance l'enrobage final.

« Swang alang » de Bob Mintzer, saxophoniste et chef d'orchestre étatsunien qui a travaillé avec le PJBB. L'orchestre sonne West Coast. Nous sommes pourtant sur la Côte d'Emeraude ce soir. Trombones puis saxophones se donnent la réplique . Ce morceau est plus démonstratif et moins émouvant que le précédent. Tony Russo nous livre un solo swinguant, clair, acéré.

On revient au méditatif avec « Rêve » de Nicolas Folmer qui clôt l'album « Paris 24h » du PJBB. Le piano introduit seul le thème. Les deux chefs, Pierre Bertrand et Nicolas Folmer, se placent aux avants postes. Dédé est aux balais. Jérôme Regard sort un gros son de contrebasse. Ca groove tout en douceur. Trompette et sax alto planent au dessus. L'orchestre, sans les trombones, ajoute du moelleux. Solo méditatif de trompette, acidulé et doux de sax alto. Ca joue sur du velours, comme dans un rêve.

Pour finir dans la joie, l'orchestre entonne « Oublie ça l'ami » de Pierre Bertrand. Ca pète, ça hoquète, ça part comme un tacot au moteur brinquebalant sur une route de campagne. Et finalement ça roule. L'orchestre se tait pour laisser parler la rythmique. Le pianiste en profite pour baguenauder sur le thème pendant que contrebasse et batterie maintiennent un tempo d'acier. Tony Russo rejoint la rythmique pour un solo swinguant en diable. Un solo de saxophone soprano plus relax s'ensuit. La rythmique accélère avec un son latino. Le soprano suit. Tony Russo, depuis la section de trompettes, se déchaîne, poussé par ses collègues trompettistes. André Cecarelli, seul face aux cuivres, tient la marée.

Dans un tonnerre d'applaudissements, ponctué par des cris de jeunes filles enamourées de certains musiciens, l'orchestre lance en rappel une bataille de saxophones sur le même thème « Oublie ça l'ami » . C'est un morceau ludique propice à toutes sortes de gags musicaux.

C'est dans cette ambiance festive et cuivrée que se termine l'édition 2008 du festival Couleurs Jazz à Saint Malo. Comme en 2007, Eole et Neptune ont été vaincus par Euterpe grâce à une organisation sans faille et à un chapiteau solide pour un prix modique. Le niveau monte d'année en année. Attendons l'édition 2009 pour déguster les délices sonores concoctées par Michel Goldberg et la mairie de Saint Malo.
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# Posté le mercredi 20 août 2008 15:07

Modifié le vendredi 22 août 2008 14:21

Tigran Hamasyan rugit à Saint Malo



Tigran Hamasyan
: piano
François Moutin : contrebasse
Louis Moutin : batterie

Festival Couleurs Jazz. Saint Malo. Parc de la Briantais. Vendredi 15 août 2008. 21h.

Tigran commence oar une ballade. Le piano sonne pur et clair comme le cristal. Tout doucement il accélère. Les jumeaux Moutin le rejoignent. Tout à coup il attaque par surprise, fonce pour calmer aussitôt le jeu avec une précision de cavalier de haute école. Il alterne ainsi violence et douceur sans jamais s'emmêler. Louis Moutin tapote les tambours de ses mains. C'est ce qu'il fait de mieux à mon goût. Tigran Hamasyan est le pianiste le plus intéressant du 21e siècle naissant. Dès le premier morceau, il se trouve au delà de l'ordinaire voire de l'imaginable. Une forte odeur d'herbe mouillée monte sous le chapiteau et contribue à l'ivresse de nos sens. Dans son solo de contrebasse, François Moutin file et défile l'écheveau de ses sentiments. C'était une chanson traditionnelle arménienne arrangée par Tigran Hamasyan.

Tigran lance un standard, « Body and Soul ». Seul au piano il introduit le thème. La rythmique le rejoint avec Louis Moutin aux balais. Le trio est contemplatif. Il fouille le thème, joue avec, le cajole, le caresse. Cette musique vous ouvre les portes d'univers inconnus. Tigran passe maintenant à une comptine orientale. Les frères Moutin avec leurs mains sur les tambours et les cordes se mettent au diapason. Comme l'a expliqué Michel Goldberg, programmateur du festival Couleurs Jazz de Saint Malo, en présentant le concert, « On n'a pas l'occasion tous les soirs d'écouter un génie ». Tigran en assurément un génie de la musique. En l'écoutant, je vois une jeune fille danser, sa robe longue volant dans les hautes herbes de la montagne caucasienne. Bref cette musique nous envole. Aussi fougueuse et vive qu'elle soit, elle est toujours en place rythmiquement.

Le morceau suivant groove terrible, comme un boxeur accélérant, ralentissant, frappant quand il le veut. Il y a toujours ce charme oriental malgré le cliquetis mécanique des baguettes de Louis Moutin. Cet homme est une excellente boîte à rythmes, ferait un superbe batteur de rock'n roll mais il manque de la souplesse et de la variété nécessaire au batteur de Jazz ; Sans son frère jumeau, François, le contrebassiste talentueux, Louis Moutin n'aurait pas fait carrière dans le Jazz, à mon avis. Après un solo de contrebasse mirifique et virevoltant, Tigran réinstalle le thème, souple, tranquille ; Nul ne sait quand il relâchera les chevaux. Ca y est, il repart. Rythmiquement aucun pianiste actuel n'a sa puissance et sa variété. Après s'être déchaînée, la contrebasse repose le thème puis relance et ainsi de suite. Le morceau se finit en ostinato piano/contrebasse alors que Louis Moutin fracasse joyeusement tambours et cymbales. C'était « World passion » de Tigran Hamasyan.

Il joue ensuite « Leaving Paris » morceau qu'il a écrit dans l'avion alors qu'il quittait Paris. C'est une ballade. Louis Moutin a pris les balais. C'est tout doux. On voit la Seine couler, les feuilles des marronniers tomber. Ca sent l'automne, sympathiques lecteurs, aimables lectrices. La musique nous promène dedans Paris ville jolie. En solo Tigran creuse le piano dans le grave et le medium . Fin du morceau en trio.

Le trio enchaîne ensuite deux compositions de Tigran « Homesick» et « New Era ». Tigran commence par un scat proche de l'human beat box des rappers. Les frères Moutin s'amusent en hochant la tête puis lancent les applaudissements du public en rythme. Contrebasse et batterie accompagnent le scat. Ca groove méchamment. Après un tonnerre d'applaudissements, le trio repart sur un air virevoltant. Ce garçon enflamme le piano comme d'autres les pistes de danse. Tigran sort de scène laissant les frères Moutin discuter en musique. Les jumeaux ont toujours des choses à se dire. François saute de joie à la fin de son solo. Il part aussi laissant Louis seul face à sa batterie. Louis frappe fort certes mais c'est raide, mécanique, peu varié. Les deux autres sont revenus pour le relancer. Le trio retourne au thème en l'accélérant, le ralentissant, le déformant, le transformant.

Tigran entame seul un blues lent avec du stride des années 1930. C'est du piano bar 6 étoiles. Les frères Moutin sont joyeux comme des gamins en l'écoutant. Tigran revient à un thème planant. François puis Louis Moutin le rejoignent. C'est du velours. La musique monte en puissance. Tigran nous fait son spécial. Debout il joue ultra funky poussé par la rythmique. Il se rasseoit mais reste déchaîné. La contrebasse impulse, la batterie fracasse et le piano emporte le tout comme un fleuve en crue. Le thème se ralentit, se décompose, se désagrège mais tout reste en place. Une standing ovation salue la performance.

En rappel, Tigran joue une de ses récentes compositions en hommage à la Bretagne « Belle Ile en Mer » écrite sur place. Pour les amateurs de chanson française, on est bien loin de Laurent Voulzy. C'est une ballade qui évoque la Mer. Pas celle de Claude Debussy. Celle de Tigran Hamasyan. C'est bien l'Océan Atlantique qu'il évoque, les vagues, les marées, les mouettes, le goémon. Tigran a dédié ce morceau aux « Old people in Bretagne ». Même les « young people » sont enchantés. Le coup de grain part sans prévenir. C'est la tempête sur la pointe des Poulains. Puis l'accalmie. Même en jouant debout très vite, très fort, Tigran reste parfaitement en rythme. Il glisse mais ne tombe jamais. Il se rasseoit et reprend tout en douceur la lessive inlassable des vagues.

Si Tigran Hamasyan jouait au tennis, ses changements de rythme et de direction rendraient ses adversaires fous. Il joue du piano et pour ceux qui, comme moi, sont nés après la mort de John Cotrane et de Jimi Hendrix, il nous permet de voir et d'écouter un phénomène. Il semble que, quels soient ses accompagnateurs, ceux ci resteront à terre alors que lui aura déjà découvert d'autres univers. C'est le propre des génies . Tigran Hamasyan est un génie né en Arménie en 1987, Je le vois sur scène chaque année depuis 2003 et chaque année il m'émerveille de plus en plus. Les soixante prochaines années seront belles en sa compagnie. Longue vie à lui !

# Posté le mardi 19 août 2008 09:10

Modifié le vendredi 22 août 2008 14:22

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Je valide mon inscription sur paperblog sous le pseudonyme Assurbanipal
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# Posté le jeudi 07 août 2008 06:30

Modifié le vendredi 22 août 2008 13:42