Olivier Calmel : piano
Christophe Panzani : saxophones ténor, soprano, baryton
Frédéric Eymard : violon alto
Bruno Chorp : contrebasse
Karl Jannuska : batterie
Invité mystère : Sébastien Llado : trombone, conques
Le violoniste Didier Lockwood n'a pu participer à ce concert pour des raisons indépendantes de sa volonté. L'invité mystère du Quintet d'Olivier Calmel était le tromboniste et conquiste Sébastien Llado.
Olivier commence en jouant seul le petit air qui court tout le long de
l'album « Empreintes ». C'est le patron. Il installe l'ambiance. Le
groupe le suit swinguant, virevoltant. Du sax, du sax oui mais du
Panzani ! Karl Jannuska avec ses cheveux blonds bien peignés, ses
lunettes, son air d'enfant sage, swingue terrible.aux baguettes. La
rythmique pousse derrière un sax remonté à bloc. Le thème leitmotiv
revient en douceur. C'était « Alter Ego ».
« Il Palio » hommage à la place centrale de Sienne en Toscane où se
déroule chaque année une course de chevaux unique au monde. La musique
est chaude, colorée, voyageuse. Christophe Eymard mène la sarabande. Un
solo de contrebasse est ponctué par les tapotements des blanches mains
de Karl Jannuska sur les tambours. Le sax ténor reprend sa chevauchée
fantastique propulsé par la rythmique.
Pour « Pompier pyromane » Christophe Panzani passe au sax soprano. Les
deux archets de la contrebasse et de l'alto se rejoignent dans une folle
complainte. Le son aigrelet et vif du soprano rejoint les cordes.
Frédéric Eymard joue le pinpon des pompiers au violon alto. Il lance un
stop and go endiablé avec la rythmique. Ces petits gars chauffent du
tonnerre de Zeus.
Le concert se poursuit avec « La générosité n'attend pas ». Ce soir pas
de standards mais une ½uvre pensée, composée par Oliver Calmel. C'est
une ballade. Karl passe aux balais. Le violon alto s'envole porté par le
tapis de la rythmique. Le sax soprano vient ajouter son petit chant
d'oiseau triste.
Sébastien Llado rejoint le quintette pour jouer « Un certain dimanche 23
». Il pose ses conques à ses pieds, déploie son trombone. La musique est
cool, relax, swinguante comme un beau dimanche de printemps. Sébastien
ajoute son growl et sa gouaille au groupe. Les 3 de la ligne de front
(violon, sax, trombone)s'assoient pendant que la ligne arrière (piano,
contrebasse, batterie) se lance. Ca sonne presque Latin Jazz. Trombone
et alto s'amusent à des échanges de son étranges pour finir.
Le deuxième set commence avec une « Intuition » en quintet, tout en
douceur. Bruno Chorp nous livre un très beau solo de contrebasse en
pizzicato dont l'écho se prolonge en nous. La bonne influence de Claude
Debussy est sensible dans le jeu de piano. La musique est très
méditative. On écoute, on n'applaudit pas. On le fera à la fin du
morceau. Dans son solo de violon alto, Frédéric Eymard passe d'un genre
de chaconne au violon tzigane. Le saxophone baryton fait son apparition
amenant un climat grave et oriental.
« Shadok incandescent » est un morceau sur la société de consommation
frénétique d'après son compositeur Olivier Calmel. La musique virevolte
avec le sax soprano et un jeu de piano particulièrement bien charpenté
et rythmé soutenu sans faille par la contrebasse et la batterie. Un solo
de soprano surchauffé par la rythmique achève de nous enchanter.
Pour calmer le jeu, « Le temps du trajet », une ballade fantomatique aux
notes distillées. Ca sent le combat de fantômes dans les couloirs d'un
château écossais désert et ouvert à tous les vents. Olivier malaxe les
graves alors qu'il virevolte dans le médium. Cet effet très puissant est
relayé par la contrebasse et la batterie. Il y a de la tenue dans cette
musique.
« Le Hongrois déraille » ne comporte aucune allusion politique d'après
Oliver Calmel, son compositeur. Sébastien Llado les rejoint avec ses
coquillages et son trombone. Tout le monde tapote : Olivier dans les cordes
de son piano, Bruno Chorp dans ses mains, Sébastien Llado sa conque.
Puis Sébastien souffle dans son engin féminin reprenant le chant du sax
soprano. Un duo batterie/conque nous montre un Karl Jannuska
imperturbable et implacable. Sébastien Llado ajoute une deuxième conque,
la trifouille, souffle dans les deux en même temps. Puis il en coince
une entre ses jambes, un symbole sexuel féminin entre les cuisses d'un
homme. Une explication docteur Freud ? Les sons se répondent entre piano
et conque. Dans toute cette folie, Karl n'a pas perdu le rythme d'un
poil. Le groupe repart sur le thème, Sébastien Llado redéploie son
trombone comme Roland son olifant, se lance dans un duo endiablé avec le
violon alto poussé par la rythmique. Cette musique chante et balance nom
de Zeus ! Le contrebassiste tape sur ses cordes avec une baguette, le
violoniste gratte ses cordes comme une guitare, le pianiste trafique
l'intérieur du piano. Sébastien Llado, cracheur de feu musical, se lance
en solo, avec la rythmique qui le pousse aux fesses. L'éléphant barrit
dans la jungle urbaine. L'alto les rejoint pour le bouquet final d'un
feu d'artifice musical.
Certes il n'était que 22h45 au soleil mais 0h45 à l'heure d'été. Epuisé
et heureux, je n'ai pas assisté au 3e set et suis rentré chez moi dormir
faire plein de beaux rêves marqués des « Empreintes » du Quintet élargi
d'Olivier Calmel.
